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L'agriculture et les chartreux

2 L'organisation et la gestion du domaine viticole


Entrée de l'enclos de Prompsat

Les ermites du Port organisent leur domaine autour de Prompsat où ils disposent d'un vignoble, d'un enclos d'environ 4 hectares avec une maison et des dépendances, d'un petit domaine à Marsat, des vignes et terrains sur les communes de Davayat, Gimeaux, Teilhéde, Vendon, Cellule, Chatel.

Le jardin de l'enclos 

 Pour structurer leur domaine, les moines, comme le mentionne M. Montgrion ont eu « la sagesse pour des rai­sons météorologiques et pratiques de procéder à ce remembrement en créant des propriétés de super­ficie moyenne, réparties dans divers terroirs d'une même paroisse ». À Prompsat, on observe la répartition sur une vingtaine de terroirs. Cette situation est aussi à rattacher au mode de gestion des Chartreux qui privilégient dès qu'ils le peuvent le faire valoir direct et seules les vignes éparses sont alors données à un censitaire ; propriétés qu'ils essayent d'échanger contre des terres ou des vignes plus proches de leur chais dés que cela est possible. La superficie des vignes est évaluée en fonction du temps nécessaire pour la taille on parle d'une vigne de "x oeuvres".  

Livre de Santé d'Aldebrandino de Sienne 

L'influence de ce domaine paraît avoir rayonné sur une dizaine de paroisses des environs. La maison de Prompsat est gérée par un ou plusieurs frères convers ou donnés résidant assez régulièrement, aidés par des paysans du village ou venus des Combrailles. En 1738, il est fait mention de la sépulture de Massi, 52 ans valet des chartreux, originaire de Saint Jacques d'Ambur, bénéficiant de leur confiance

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En 1331, ils ajoutent à leur domaine viticole un verger à proximité de leur cellier pour leur valoriser leur terroir. Ils achètent des droits : droits pour détourner les eaux et aussi droits banaux sur un ruisseau ce qui va leur permettre de mener des travaux d'irrigation.

Ils installent aussi une sauleraie pour drainer les eaux superficielles et fournir des matériaux pour réaliser  hottes, paniers ou liens pour la vigne 

Lors de la vente du domaine en 1791, il est aussi fait mention de 

"une petite noyerée près des susdits bâtiments et qui est séparée que par le chemin contenant entour 220 toises (880 ml), dans laquelle il y a 17 noyers, moyens et petits, ladite noyerée close de murs de à pieds (52), plus une autre terre dont la majeure partie est plantée en noyers de la contenance entour trois septérées, une quartellée (terroir de la Condamine - 13 000 ml), confinée par un chemin de bise. » (M.Roumy) et aussi de plusieurs prés vergers mais pour lesquels il n'est pas précisé la nature des arbres.

 
 

C’est dans un souci de diversification mais aussi, sans doute suite aux dires du visiteur de l'ordre qui cette même année déclare que "le vin de la maison est trop inférieur, que les jeunes religieux, les novices et les vieillards ont besoin d'un vin plus généreux" que le 12 novembre 1647, les chartreux achètent, aux Martres-de-Veyre, 60 œuvres de vigne (entre 2,4 hectares et 3,6), y compris un cuvage et tout son mobilier, augmentées d'une vigne et verger attenants. Le prieur précise pour justifier cet achat qu'il vaut mieux acheter une fois pour toute un bon vignoble, plutôt que d'envoyer frères et procureurs acheter des crus dans la province, au risque de scandaliser les fidèles. En 1791, il est fait mention de 86 œuvres de vigne aux Martres-de-Veyre.